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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 15:37

Voici ce que me confiait récemment une consultante : «Gribouille est un chien adorable, très affectueux et nous le lui rendons bien ! Cependant, il a toujours été assez craintif, en particulier avec les enfants qu'il ne connaît pas, et il réagit mal quand il entend des bruits inconnus. Il y a quelques semaines, mon mari l'a percuté en reculant avec sa voiture, heureusement sans gravité. Depuis, Gribouille ne supporte plus la proximité des voitures, et il est complètement paniqué quand nous le promenons en ville. Nous avons tout essayé, y compris de le forcer à rentrer dans la voiture, car on m'a dit que c'était le meilleur moyen pour l'aider à reprendre confiance. Malheureusement, c'est pire qu'avant ! Et ce matin, il a grogné quand j'ai voulu le caresser, lui qui habituellement aime tant les câlins !»

La peur est une émotion parfaitement normale, commune à toutes les espèces animales et essentielle à leur survie. C'est la peur qui déclenche la fuite face à un danger. C'est encore elle qui provoque le comportement d'agression, nécessaire pour se préserver. Chez les canidés, il n'y a pas une, mais DES peurs, puisque les origines diffèrent, tout comme leurs solutions :

- La période de développement est une étape cruciale chez le jeune chiot. Si «tout» se joue chez l'enfant humain avant l'âge de 3 ans, chez le chien, «tout» se met en place avant ses... 3 mois. C'est en effet entre 0 et 12 voire 13 semaines que l'animal va se contruire. Au cours de cette étape, les expériences négatives susceptibles d'engendrer la peur auront un impact déterminant sur le comportement et les émotions futurs du petit canidé.
Tout commence au cours de la période pré-natale : une mère gestante émotive, stressée ou nerveuse peut donner naissance à un chiot fragile d'un point de vue émotif, éventuellement plus sensible à la peur.
Entre 0 et 2 semaines (période néo-natale), l'influence du milieu est prépondérante, bien que le nouveau-né soit aveugle et sourd. Il est néanmoins sensible aux stimuli tactiles, aux goûts et aux odeurs qui peuvent aussi déterminer ses émotions futures.
Enfin, la période de socialisaton (3-12/13 semaines) est une étape décisive qui définira le comportement général du chien. S'il est insuffisamment stimulé, il peut développer une crainte excessive face aux situations nouvelles, appelée Syndrôme du Chenil ou de Privation (Scott & Fuller, 1965 ; Pfaffenberger, & Scott, 1976).


- A l'âge adulte, des interactions désagréables avec des humains, d'autres espèces et des expériences négatives avec l'environnement peuvent générer des peurs intenses et durables.


Gribouille, quant à lui, est un petit chien craintif face à certains êtres ou situations "étranges", peut-être parce qu'il a été insuffisamment stimulé lorsqu'il était chiot.
L'incident avec la voiture l'a vraissemblablement traumatisé, et ce choc a été accentué par l'obligation de sa maîtresse à monter dans la voiture. Bien involontairement, ma consultante a perdu la confiance de son petit chien qui ne tolère plus ses approches affectueuses et le lui exprime de manière explicite...
S'il est une leçon à retenir de l'histoire de Gribouille, c'est de ne JAMAIS contraindre un chien à faire face à sa peur. C'est à lui et à lui seul de décider du moment où il se confrontera à sa frayeur, ce qui peut prendre du temps.

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Published by Marie Marchesseau - dans Votre chien et vous
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