Mardi 19 mai 2009

Le 5 mai dernier, le Parlement Européen a majoritairement rejeté la proposition de modification de la Directive 86/609 qui réglemente l'expérimentation animale dans l'Union Européenne. Pourtant, un sondage récent révèle que 84% des personnes interrogées souhaitent l'arrêt des expériences douloureuses sur les animaux.

Dans sa forme actuelle, la Directive 86/609, qui date de 1986, est en effet inapplicable et n'encourage pas suffisamment le recours aux méthodes substitutives. En voici quelques exemples :


L'article 5 estime que la taille des cages des chiens de laboratoires doit varier entre 0,5m² et 2m² selon leur poids, sans tenir compte des besoins des individus ni des spécificités physiques de certaines races. Il est pourtant avéré que le confinement et le manque d'exercice génèrent des comportements inadaptés.

Par ailleurs, l'article 7.2 ajoute «qu'il ne sera pas effectué d'expérience s'il existe une possibilité raisonnable et pratique d'avoir recours à une autre méthode», mais il ne précise pas la signification des termes «raisonnable» et «pratique», laissés à la libre interprétation des scientifiques.

Le texte prévoit, en outre, que «toute expérience sera conçue pour éviter aux animaux utilisés toute angoisse et douleur ou souffrance inutile», sauf dans les cas où «l'anesthésie est incompatible avec les buts de l'expérience». Là encore, le choix de la souffrance, jugée «utile» ou pas, est laissé au bon vouloir des expérimentateurs.

L'article 9.3.6 admet pourtant qu'un animal qui souffre trop «doit être sacrifié le plus tôt possible et selon une méthode humaine». Mais il ne dit pas comment ce «plus tôt» doit être évalué, ni par qui, pas plus qu'il ne précise ce qu'est une méthode «humaine».

Enfin, la Directive autorise la «livraison» et l'utilisation de chiots non sevrés. Pourtant, séparés trop tôt de leur mère, mal socialisés et insuffisamment sociabilisés, ils subissent d'intenses souffrances psychologiques. S'ils parviennent à l'âge adulte, ils seront l'objet de troubles du comportement irreversibles (Syndrôme du Chenil).


On le voit donc, les termes flous, ambigüs, le manque de respect à l'égard de l'animal, mais aussi les progrès techniques et éthologiques de ces dernières années rendent la Directive 86/609 inapplicable.


La question n'est pas de savoir si l'expérimentation animale est utile ou pas d'un point de vue scientifique. Car bien avant la Science, c'est la Morale, la Philosophie et l'Ethique qui ont fait de nos sociétés tribales de grandes cultures. Malheureusement, le Parlement Européen lui, n'a que faire de la morale...

Par Marie Marchesseau - Publié dans : Cartons verts/Cartons rouges
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