Depuis des siècles, l'Homme s'agite pour savoir : l'animal pense-t-il ? A-t-il une forme de
conscience ? Peut-on parler de psychologie animale ?
Au 17ème siècle, le grand philosophe (mais bien piètre éthologiste) Descartes, considère que nos chiens n'agissent que mécaniquement. Il rejette farouchement l'idée qu'un animal puisse agir par sa propre volonté, car, pense-t-il, il n'est qu'une machine aux rouages biens huilés.
Deux siècles plus tard, le courant behaviouriste défend la thèse selon laquelle tout comportement animal a pour origine un stimulus : le chien agit uniquement par réflexe ou apprentissage. Là encore, il n'est pas question d'un acte par la volonté ou par la pensée.
Plus récemment pourtant, les sciences cognitives ont étudié la manière dont les animaux reçoivent des informations, les traitent puis les réutilisent pour résoudre un problème lié à leur environnement. On a ainsi compris que les chiens ont accès aux représentations mentales, ce qui en fait une espèce évoluée. Prenons l'exemple du placard aux biscuits :
Chaque jour, Medor, attiré par une odeur appétissante, ouvre d'un coup de patte assuré la porte du placard qui renferme ses biscuits préférés. Pour cela, il lui a fallu « enregistrer » l'apparence de la porte : sa poignée ronde, sa forme carrée, ainsi que sa couleur.
Puis un matin, Médor accompagne sa propriétaire en visite chez une amie. Il flaire dans la cuisine l'odeur de biscuits qui provient d'un placard un peu différent du sien : la poignée est longue, la porte plus haute et rectangulaire, et la couleur n'est pas la même. Médor va pourtant réutiliser ses «connaissances» en matière de portes de placards et parvenir à l'ouvrir. Il a su résoudre l'épineux problème de l'ouverture de la porte en s'adaptant à son environnement. Pour autant, peut-on voir en Médor un animal intelligent?
Car si à présent, on le place devant un miroir, face à sa propre image, il n'a pas conscience de se voir lui-même. En effet, le chien n'a pas la capacité de se représenter son propre corps, pas plus qu'il n'a conscience de penser. Quand il souffre, il ne pense pas « j'ai mal », même si cela n'enlève rien à sa douleur.
L'idée actuelle est de considérer qu'un être est « intelligent » s'il a accès aux symboles formés
par le vocabulaire. Mais peut-être nos chiens ont-ils une forme d'intelligence qui ne requiert pas les mots ?
En ce qui me concerne, je considère qu'un animal qui parvient à résoudre tous les problèmes liés à sa survie est intelligent par définition. Alors oui, mon chien est intelligent, mais à vrai dire
s'il ne l'était pas, je ne l'en aimerais pas moins.